BLOG PASSION & HISTOIRE - Une conversation avec Dr. Phil

Kenza Zaoui

Les ressources virtuelles pour découvrir ou renforcer ses connaissances sur l’histoire des francophones de Saint-Boniface ne manquent pas. Je vous en ai déjà présenté quelques-unes: le documentaire Au coeur de la francophonie manitobaine, la pièce de théâtre Léon et sa maison et en voici un tout nouveau : Une visite avec Docteur Phil. 

C’est le Musée de Saint-Boniface qui nous propose ce documentaire d’une heure, sous la forme d’un entretien avec le Docteur Philippe Mailhot. 

 

La genèse du documentaire

Pendant la fermeture du Musée, un professeur d’études autochtones à l’Université de Winnipeg regrettait de ne pas pouvoir emmener ses étudiants faire une tournée guidée du Musée. L’idée d’enregistrer un système de questions/réponses était née. 

C’est Philippe Mailhot qui répond aux questions des étudiants. Outre son expertise de la période, il est aussi une figure emblématique du musée et un expert de la période. Il a travaillé au Musée de 1986 à 2014, d’abord comme assistant conservateur puis comme directeur exécutif. 

15 questions permettent d’assouvir la curiosité du spectateur sur l’histoire, la culture, la société de la colonie de la Rivière-Rouge et son plus célèbre représentant, Louis Riel.

L’entrée de l’exposition Louis Riel au Musée de Saint-Boniface 

 

Ce que j’ai appris avec Dr Phil

  1. Raconter des histoires permet d’en créer de nouvelles. 
    Le Musée de Saint-Boniface possède une reproduction d’une statuette de Saint-Joseph, saint-patron des Métis, dont la tête est séparée du corps. La Maison Riel à Saint-Vital possède également une reproduction de cette même statue. Pourtant, les histoires sur la chute qui l’a endommagé changent complètement selon le quartier dans lequel on se trouve! Pas moins de quatre histoires coexistent, toutes racontées dans la vidéo.
     
  2. La différence entre un traité et un acte. 
    Les deux concepts politiquement ne concernent pas les mêmes acteurs. Un traité est un accord entre souverains, comme le traité numéro 1 sur lequel se trouve la ville de Winnipeg aujourd’hui. Au contraire, un acte est parlementaire. C’est pour cela que c’est un Acte qui a fondé la province du Manitoba en 1870 : le gouvernement canadien ne reconnaissait pas le gouvernement provisoire de Louis Riel comme souverain du territoire. 
     
  3. Le même objet peut avoir deux symboliques différentes. 
    Le Musée de Saint-Boniface avait un mocassin ayant appartenu à Riel. Le second mocassin de la paire était dans un Musée Militaire en Ontario, avec l’idée qu’il s’agissait d’un trophée de guerre. La paire maintenant réunie célèbre son illustre propriétaire, dans la plus grande collection d’objets lui ayant appartenu (la valise et la ceinture fléchée notamment). Un même soulier, deux portées différentes! 
     
  4. Riel a souffert de racisme. 
    Riel lui-même a souffert de racisme au cours de sa vie, pendant ses études à Montréal, puis il a été rejeté par la famille de la femme qu’il voulait épouser en raison de son identité métisse (le père de Riel était métis et sa mère canadienne française). Ce sont probablement ces expériences qui ont renforcé son sentiment identitaire et nourri ses futures luttes. 

 

J’ai ensuite posé mes propres questions au Docteur Phil : si on avait inventé la machine à remonter le temps et qu’il pouvait assister à un événement de son choix, il choisirait d’aller aux négociations entre Ritchot, Cartier et Macdonald. 

Si vous vous intéressez à l’histoire de la province du Manitoba et de la francophonie, je ne peux que vous recommander le visionnage. Le documentaire se loue pour 8 dollars en français ou en anglais sur le site web du Musée de Saint-Boniface et si vous souhaitez le diffuser pour raison éducative, contactez le Musée. 

Pour compléter, vous pouvez ensuite à votre tour aller voir les objets mentionnés: l’entrée au Musée de Saint-Boniface est gratuite pendant toute l’année 2021 pour célébrer Manitoba 150!